mercredi 6 juillet 2016

Le vin bio en perte de vitesse en France

À force de lire mes articles, vous vous doutez certainement de mon point de vue sur le vin bio. Cependant, il y a des jours comme aujourd'hui où les nouvelles semblent mauvaises pour la viticulture biologique. Grâce à la prise de conscience des consommateurs et des viticulteurs, le vin bio a gagné du terrain depuis 5 ans. Malheureusement, les surfaces viticoles en conversion bio diminuent en France. Le vin bio continue donc à progresser, mais plus doucement. Avons-nous atteint un point de non-retour ? La progression va-t-elle encore ralentir ?

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Le bio a connu une progression évidente


Depuis 2010, la conversion de la viticulture vers le bio était tout à fait normale. D'après Agnès Boisson, coordinatrice du pôle viticulture du réseau bio de Bourgogne, SEDARB, depuis le « boom de 2010, 2011, nous avons converti au bio toute une catégorie de viticulteurs qui étaient prêts ». Aujourd’hui, ceux qui étaient prêts à se convertir l'ont fait et c'est au tour des professionnels plus prudents ou pour qui c’est un peu plus compliqué. »

En 2011, la surface viticole bourguignonne en conversion biologique était de 1'246 hectares. En 2014, seulement 366 hectares étaient concernés. Ce phénomène s'observe malheureusement dans presque toutes les régions viticoles françaises, avec des raisons différentes.

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Les freins techniques et économiques


Il est évident que le premier frein à la conversion en viticulture biologique est dû à des problématiques techniques, comme maîtriser les risques de maladie du bio. Elles continuent à inquiéter les viticulteurs. Pour Agnès Boisson : il ne faut « pas aller trop vite, de toute façon. Si ça se passe mal, ces personnes ne reviennent pas dans le bio après. Donc il faut plus d’accompagnement ».

En Aquitaine, le principal frein à la conversion bio est plutôt économique. Pour Cécile Gravier, du réseau Bio Gironde : « Le marché du vin bio était très favorable en 2007, 2008, au moment du pic. Aujourd’hui, le vin bio en vrac se négocie pratiquement au même tarif que le conventionnel ». Désormais, le vin bio « est moins séduisant qu’il ne l’a été ».

Pas encore de retour en arrière


L'Alsace est la région championne de la viticulture biologique avec près de 16 % de surface viticole en bio. Pour Frédéric Ducastel, animateur technique sur le bio à l’OPABA — agriculture biologique et biodynamique en Alsace —, la conversion du reste des zones viticoles dépendra beaucoup de la valorisation et « des choix des coopératives ».
De nombreux analystes estiment que ce ralentissement n'est que passager. Les surfaces bio continuent d’augmenter, malgré tout. Il n'est pas encore question d'un phénomène de « déconversion biologique ». En 2015, la France avait 60'088 hectares de vignes certifiées « bio », soit quatre fois plus qu’en 2008 !

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L'effet positif de Cash Investigation sur la viticulture


Depuis la diffusion de l'émission Cash Investigation, les vignerons sont de plus en plus à la recherche d'informations concernant le passage à la viticulture biologique. La « pression du consommateur riverain » s’ajoute à une levée des « freins psychologiques ou sociaux », analyse l’agent de l’OPABA. « Avant, on a avait un bio dans le village, qui passait pour le fou. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Et ça change tout. » Dans les Pays de la Loire, Sébastien Bonduau du CAB 44, la structure des agriculteurs bio des Pays de la Loire, note que « beaucoup d’installations se font aujourd’hui en bio directement ».

J'espère bien entendu avoir raison en disant cela, mais il semble que le bio n'a pas encore atteint son point de non-retour. Pour Sébastien Bonduau : le bio n’est pas « dans le creux de la vague, mais plutôt sur le haut du plateau ».


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