jeudi 17 mars 2016

Blanc sur rouge, rien ne bouge ?

Vous connaissez forcément cette maxime : « Blanc sur rouge, rien ne bouge ; rouge sur blanc, tout fout le camp ». Si nous suivons les principes de cette expression, nous devrions toujours boire le vin blanc après le vin rouge. Pourtant, les dégustateurs et autres amoureux du vin commencent presque systématiquement par le vin blanc et on ne les entend jamais dire « Arrête, arrête j’ai déjà bu deux — dix ? — verres de blanc, je vais faire nimp’ si je déguste du rouge maintenant ». Pourquoi font-ils cela ? Veulent-ils se mettre la tête à l'envers ? Pas si sûr...

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Cette expression n'a rien à voir avec le vin



Il serait idiot de penser qu'en respectant cette expression à la lettre, il n'y aurait aucune conséquence le lendemain. La quantité consommée n'aurait pas d'importance ? Et que fait-on du rosé ou des effervescents dans tout ça ?

C'est là que l'histoire devient drôle... Cette maxime n'a aucun rapport avec le vin, mais avec le temps on a associé les couleurs rouge et blanc au vin. Alors d'où vient cette expression ? Il existe plusieurs interprétations pour expliquer l'origine de cet énoncé.

La version que je préfère et la plus poétique est d'origine maritime — du rhum vin des femmes et d'la bière nom de dieu —. Les marins sont de sacrés buveurs — pour ne pas dire plus — et ce n'est pas Jacques Brel qui me contredirait. Si le pavillon blanc est au-dessus du rouge, les marins restent à bord, rien ne bouge. Si le rouge est au-dessus, c’est quartier libre, et là, tout fout le camp !

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Et l'expression dédiée au vin ?



C'est la version la plus pragmatique, mais elle est aussi quelque peu différente. L'expression destinée à l'ordre de dégustation des vins est en réalité « Blanc puis rouge rien ne bouge, rouge puis blanc, tout fout le camp ».

La raison de cet ordre tient dans la composition différente entre vin blanc et vin rouge. Le vin blanc a tendance à être aromatiquement moins exubérant que le vin rouge qui lui contient des tanins. Ces derniers ont de grandes chances de couvrir le goût du blanc qui lui succéderait — et c'est là où les sensations foutent le camp —.

De la même manière, un vin rouge en préambule d'une dégustation est souvent trop fort — surtout s'il vient du Sud —. On lui préférera donc la vivacité d'un vin blanc, ainsi rien ne bouge, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais rien n'est simple dans le monde du vin qui est loin d'être aussi binaire. Un vin blanc moelleux doit suivre un vin un rouge léger, c’est largement mieux que l’inverse !

Il y a cependant une occasion où — on se plante magistralement — il faut presque toujours servir un vin blanc après un vin rouge : c'est le plateau de fromages. L’idée qu’une grande majorité de fromages s’accorde beaucoup mieux avec un blanc qu’un rouge est communément admise. Même après un bordeaux puissant, il est préférable d'accompagner votre fromage avec du vin blanc. Persister à boire du vin rouge au moment du fromage est un véritable crime contraire au bon sens. Vous voulez comprendre pourquoi ? Il suffit de lire cet article « Vin et fromage: comment réussir l'accord parfait ? »

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Il faut bien conclure




La moralité de cette histoire ? Faites-vous plaisir lorsque vous dégustez du vin et ne vous souciez pas des maximes qui n'en sont pas. Seule la quantité bue décidera de si « rien ne bouge » ou si « tout fout le camp » !

Article connexe sur l'ordre de dégustation : « Est-il logique de servir du champagne au dessert ? »


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