mercredi 30 décembre 2015

On peut désormais faire du vin n'importe où en France

Une réforme européenne décidée à Bruxelles autorise la plantation de plus de 8'000 hectares de vignes en France. Les vins produits seront donc sans appellation ni indication géographie.

À partir du 1er janvier, il est possible de planter des vignes où bons vous semblent pour produire des « vins sans indication géographique » (VSIG), anciennement connu sous le nom de « vins de table ». Vous pourrez certainement déguster un rouge de Bretagne. En mai 2015, le ministère de l'Agriculture expliquait que cette réforme visait à faciliter la délivrance d'autorisations de plantation pour tous les types de vins et ce sur l'ensemble du territoire français.



1 % d'augmentation de la surface viticole chaque année


Jusqu'à maintenant, les autorisations de plantation étaient très limitatives. Le demandeur, qu'il soit producteur ou négociant, devait justifier l'intérêt de l'extension du vignoble. Désormais, la plantation de vignes est autorisée de fait et les autorités devront justifier le refus d’extension. Un véritable retournement de situation.

Le 16 décembre 2015, les régions viticoles ont présenté des demandes d'autorisation de plantation de vignes à FranceAgrimer. Tous les ans, des autorisations de plantations seront délivrées pour augmenter la superficie totale de 1 % au maximum. Bien que ce taux semble bas, cela correspond tout de même à 8'057 hectares supplémentaires pour l'année 2016. Les demandes devaient être déposées entre mars et avril 2016 pour permettre leurs autorisations au plus tard le 31 juillet.

La région de Bordeaux augmentera sa superficie de 401 hectares


Les régions viticoles pourront décider de contingenter ces nouvelles surfaces. Ainsi, la région de Bordeaux a pris la décision de limiter à 400 hectares l’extension consacrée aux appellations et 1 seul hectare sera destiné à la plantation de vigne en VSIG. L'objectif de cette limite très restrictive est de maintenir le marché des vins de Bordeaux dans son état actuel et ne pas risquer sa dévaluation.

À l'opposé de la région de Bordeaux, d'autres régions ont pris la décision d'être beaucoup régulatrice. La Vallée du Rhône et la Provence autorisent jusqu'à 50 hectares, les Pays de la Loire jusqu'à 80 hectares et le Languedoc-Roussillon et le Midi-Pyrénées n'ont instaurés aucune limitation.

Créer une nouvelle offre


Les VSIG devront cependant s'engager à ne pas détourner la notoriété d'une appellation ou indication protégée jusqu'en 2030. Ils devront donc se soumettre au cahier des charges, mais à terme cette réforme permettra de créer de nouveaux vins avec des assemblages jusque-là interdits, ce qui permettra de proposer une offre plus adaptée à la demande internationale. Les représentants de la filière viticole ont décidé de donner la priorité aux nouveaux viticulteurs âgés de moins de 40 ans.

D'un autre côté, cette réforme est aussi un retour risqué des vins de table de mauvaise qualité que tout le monde peut produire même sans expérience et que tout le monde pourra boire.




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