mercredi 21 juin 2017

J'ai testé pour vous : la dégustation par Les Vins d'Hélène

Les Vins d'Hélène, c'est en premier lieu une personne : Hélène Martin-Vivier. Elle façonne sa vision du milieu vinicole pendant 20 ans auprès des Domaines barons de Rothschild avant de rejoindre Decanter Magazine. Elle a aussi su s'entourer de grands noms du monde du vin comme Franck Thomas, meilleur sommelier de France et d'Europe 2000.



Ensemble, ils sélectionnent des vins élégants pour vivre de véritables expériences gustatives à Paris ou en entreprise.

Hélène, caviste à domicile, organise des dégustations conviviales et ludiques, une expérience unique pour ressentir le vin. Ici, pas la peine d'être un expert, c'est une aventure ouverte à tous. On écoute son cœur ! On laisse le vocabulaire d’œnologie compliqué de la dégustation au placard.

Un lieu, une invitation au voyage


La nuit de Diane - Jan Fabre

Il y a peu, j'ai été convié par Les Vins d'Hélène à retrouver une vingtaine de personnes pour participer à un atelier de dégustation au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris. Au commencement, je fus surpris par le choix du lieu. Pourquoi faire une dégustation de vins dans un musée ? Pour vivre un voyage émotionnel !

Hélène intervient dans des lieux où on ne l'attend pas : des musées, des galeries, un concert. Son idée : allier le beau et le bon dans un moment sur mesure.

Inauguré par André Malraux, l’hôtel de Guénégaud réunit des collections sur le rapport étroit entre l'Homme et son environnement naturel.

Vex - Kate MccGwire

Accompagnés d'une guide, nous découvrons une sélection d'œuvres d'art. Des tableaux, des tapisseries et installations qui ne sont pas choisis au hasard : ils sont les passerelles menant à la dégustation. On parle de ce qu'on y voit, de ce que ces œuvres nous font ressentir.

L'œuvre Vex de Kate MccGwire résume bien l'expérience. Tandis que la guide nous demandait ce qu'on y voyait, certains voyaient en cette forme la naissance, d'autres l’oppression ou la peur. Ici, pas de mauvaises réponses : on parle de ce qu'on ressent, les langues se délient, le partage commence.

On se promène dans le Musée, découvrant et discutant des quatre œuvres d'art. On se découvre comme lors d'un voyage entre amis.

Une dégustation, l'aboutissement du voyage




Une fois cette immersion artistique terminée, il est temps de voyager au cœur de son goût. Autour d'une table, on découvre de beaux vins à l'aveugle associés à de beaux mets dans une ambiance conviviale.

On se laisse transporter par les odeurs, les saveurs, mais surtout par nos émotions et souvenirs, véritables sources d'inspirations pour parler de Grands Vins. On goûte le vin, on l'associe à un met, bien au-delà d'une dégustation classique : on associe le vin à une des œuvres d'art. C'est là toute la beauté des dégustations organisées par Les Vins d'Hélène !

On est pas là en œnologue à parler roue des arômes, millésimes et cépages : on se dévoile à soi-même et aux autres autour d'un verre de vin.

Les autres ateliers de dégustation


Caviste à domicile


Les Vins d'Hélène, ce n'est pas seulement des ateliers de dégustation dans un musée, c'est aussi la possibilité de passer une soirée inoubliable avec ses amis, et ce, directement chez soi. Plus besoin de traverser le tout Paris, la dégustation vient à vous ! L'animateur vient avec tout son matériel pour vous faire passer un moment simple et inoubliable à la fois.

Pendant 1h15, partez dénicher vos crus coups de cœur. À l'issue de la dégustation, votre animateur est là pour répondre à vos questions, prendre vos commandes pour que vos crus préférés soient livrés chez vous quelques jours plus tard.

Ateliers de dégustation en entreprise


Le vin est une boisson sociale, porteur de convivialité et de plaisir. Organiser une dégustation en entreprise est le moyen parfait pour fédérer et passer un bon moment entre collaborateurs. Le Team Building œnologique est à la portée de tous, mesuré et sur mesure. Une expérience prouvée et appréciée.



Jean-Nicolas Mouretin


Les Vins D'Hélène


Les Vins d’Hélène • Caviste à domicile et dégustation

Site web : www.lesvinsdhelene.com
Facebook : Les Vins d'Hélène
Mail : Helene@lesvinsdhelene.com

* Cet article a été publié en collaboration avec Les Vins d'Hélène

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mercredi 7 juin 2017

Le Champagne Blanc de Blanc n'existe pas !

Le 16 Septembre 2016, L'apprentie sommelière sort une vidéo sur Youtube appelée « Le glossaire du vin - 1 ». Cette petite vidéo de 3 minutes très bien faite  vous explique quelques mots du vin. Entre caudalie, astringent et autres Chardonnay, un terme a éveillé en moi le doute et l'envie d'écrire un nouvel article sur le Champagne.

Le Blanc de Blanc n'existe pas


Au cours de la vidéo, L'apprentie sommelière nous explique le terme « Blanc de blanc » et c'est là où le bât blesse. 

blog vin Beaux-Vins Champagne Blanc de Blancs

Cette expression est utilisée pour décrire un Champagne et déterminer les cépages utilisés dans l'assemblage. Dans ce cas, cela signifie qu'il est produit exclusivement avec des cépages blancs — plutôt simple, non ? —

L'Apprentie Sommelière explique que pour produire un « Champagne, il y a trois cépages autorisés : Pinot Noir, Pinot Meunier et Chardonnay ». Elle ajoute ensuite que lorsque l'on dit Blanc de Blanc, cela signifie qu'il est fait uniquement à partir de Chardonnay.

Vive le Blanc de Blancs !


blog vin Beaux-Vins Champagne Blanc de Blancs Ruinart

Si vous regardez attentivement les bouteilles de Champagne chez votre caviste ou dans les linéaires de votre supermarché, vous pourrez constater qu'aucune maison de Champagne n'utilise la mention « Blanc de Blanc », mais préfère « Blanc de Blancs ». Inversement, on parlera d’un champagne « Blanc de Noirs » lorsque celui-ci est élaboré uniquement à partir de raisins noirs à jus blanc. Les champenois seraient-ils tombé sur la tête ?

Pas le moins du monde. En réalité, c'est bien notre Apprentie Sommelière qui a encore besoin d'apprendre avant de le devenir. 

Les cépages principaux autorisés en Champagne


Le Pinot Noir


Ce cépage représente près de 38 % de la surface plantée en Champagne. Il est très présent dans la Montagne de Reims, la Côte des Bar ainsi que la partie Est de la Vallée de la Marne. C'est un cépage noir à chair blanche avec des grappes compactes rappelant la pomme de pin, d'où son nom de Pinot.

Le Pinot Noir se caractérise par sa puissance, sa rondeur et sa complexité. Avec ses notes poivrées et fruitées, il structure le Champagne.

Le Pinot Meunier


Le Pinot Meunier représente près de 32 % de la surface plantée en Champagne, essentiellement implanté dans la Vallée de la Marne. On l'appelle ainsi car de petits poils blancs le recouvrent et font penser à de la farine.

Il apporte de la souplesse et de la rondeur au Champagne.

Le Chardonnay


Ce cépage représente près de 29 % de la surface plantée. On le retrouve essentiellement dans la Côte des Blancs. C'est un cépage blanc qui donne au Champagne de la fraîcheur et de la vivacité. Dans un Champagne de garde, le Chardonnay va s'assagir avec le temps en devenant plus rond, plus complexe.

Les cépages méconnus autorisés en Champagne


Vous l'aurez compris, il n'y a pas que 3 cépages en Champagne sinon nous ne parlerions pas de Blanc de Blancs... et les trois cépages précédents représenteraient 100 % de la surface plantée en Champagne.

Nous pouvons ajouter à nos trois cépages principaux, quatre cépages marginaux : l’Arbane, le Petit Meslier, le Pinot Blanc et le Pinot Gris. Ils ne représentent que 90 ha sur toute l’aire d’appellation Champagne, mais ils existent ! 

L'Arbanne


Aussi appelé arbenne, arbone, darbanne, albane ou urbane... Il donne un vin délicat, de qualité, sec, nerveux, très bouqueté, correctement pourvu en alcool les bonnes années tout en conservant une bonne acidité, apte à vieillir.

Le Petit Meslier


Ce cépage donne un vin blanc sec de bonne qualité, agréablement parfumé, riche en alcool, fin, vif, prenant facilement en mousse et présentant une typicité aromatique.

Le Pinot Blanc


Le Pinot Blanc donne au Champagne un nez très fin sur les fruits blancs et une bouche sur la légèreté tout en rondeur.

Le Pinot Gris ou Fromenteau


Le Pinot Gris apporte un nez puissant sur les épices et une bouche opulente suivie d'une finale tout en fraîcheur.

Quelle cuvée pour découvrir tous ces cépages ?


blog vin Beaux-Vins Champagne Les 7 Laherte Frères

Les 7 du domaine Laherte Frères


Plusieurs siècles auparavant, nos ascendants cultivaient déjà la vigne. Les méthodes de travail n’étaient pas celles actuellement, et les cépages non plus. Ces cépages perdus de la Champagne, nous les avons retrouvés au sein de nos vieilles parcelles et avons décidé de recréer une parcelle d’antan, afin de déguster à nouveau ce qu’était un vin de Champagne il y a 250 ans…

Assemblage : Terroir de Chavot. Plantation récente. Exposition Nord-Est. Sol argilo-calcaire profond avec présence de petits cailloux, schistes et silex. Sous-sol crayeux. Réparation des cépages, environ :
  • 10% Fromenteau
  • 8 % Arbanne
  • 14 % Pinot Noir
  • 18 % Chardonnay
  • 17 % Pinot Blanc
  • 18% Pinot Meunier
  • 15 % Petit Meslier

Jean-Nicolas Mouretin

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mercredi 17 mai 2017

Qu'est-ce que les primeurs de Bordeaux ?

Chaque année, lorsque le printemps arrive, vous entendez parler des primeurs de Bordeaux. Vous connaissez ces quelques mots, mais vous ne savez certainement pas ce qui est derrière. À la fin de cet article, vous serez un véritable professionnel sur le sujet !

primeurs bordeaux vin blog beaux-vins oenologie

Vins primeurs ou Vins en primeurs ?


Venant du Beaujolais, lorsqu'on me parlait de primeur, je pensais tout de suite au Beaujolais Nouveau. Mais méfiez-vous, cela n'a rien à voir. 

Un vin primeur est un vin jeune, vendu avant sa maturité. C'est le cas du fameux « Beaujolais Nouveau » commercialisé le troisième jeudi de novembre.

La vente de vins en primeurs est un système de vente spécifique aux vins de Bordeaux. La propriété met en vente une partie plus ou moins importante de sa production 6 mois après les vendanges. En achetant en primeur, l'acheteur « réserve » un vin dont l'élevage n'est pas encore fini. Douze à dix-huit mois plus tard, lorsque l'élevage du vin est terminé et que ce dernier est mis en bouteille, le client pourra alors profiter de ces précieux flacons.

D'où vient cette tradition ?


Au XVIIIe siècle, le négoce bordelais se rendait chez les propriétaires quelques mois avant les vendanges pour estimer et acheter la récolte sur pied. Ces « ventes sur souches » sont les ancêtres des ventes en primeur.

Le système actuel des primeurs a été mis en place durant les années 1970. Il s’est en grande partie formalisé au début des années 1980, grâce au baron Philippe de Rothschild qui organisa une dégustation de son millésime 1982 dès le mois d’avril, alors que son vin était encore en élevage. Cette dégustation fut très largement partagée par la presse.

La vente des vins en primeurs permet au négoce d’acheter et de payer aux propriétés le vin près de deux ans avant leur mise sur le marché. Ainsi, le négoce réserve ces bouteilles à un prix plus intéressant que celui du vin lors de sa mise sur le marché effective. Pour les propriétaires, ce système permet d'engranger une avance de trésorerie avant la mise sur le marché du vin pouvant être utilisée pour financer la récolte suivante et l’élevage des vins en cours.

primeurs bordeaux vin blog beaux-vins oenologie


Qu'est-ce que la semaine des dégustations primeur ?


On ne peut pas parler du système des primeurs sans s'intéresser à la « Fashion Week du vin bordelais ». Cette semaine de dégustations primeur réunit tout le beau monde du milieu du vin. L’Union des Grands Crus de Bordeaux et différents groupements de producteurs réunissent les professionnels du vin du monde entier pour déguster le dernier millésime.

Acheteurs, négociants et journalistes se pressent aux différentes dégustations organisées par regroupement d’appellations ou directement au château. Les vins les plus prestigieux ne peuvent, quant à eux, être dégustés que sur rendez-vous. Cet exercice difficile de dégustations consiste à estimer la qualité du millésime avant que le vin soit fini pour estimer ses achats.

Dans ce contexte, le rôle de la presse et des grands dégustateurs est primordial. Les notes attribuées aux vins sont décisives pour les ventes du vin. Les trop fameuses notes de Parker donnaient la tendance décisive pour le millésime et pouvait être une bénédiction comme l'inverse. Une note supérieure à 90/100 par Parker assurait au propriétaire une belle année pour les affaires. Heureusement, Parker ne fait plus aujourd'hui la pluie et le beau temps. Le consensus entre les principaux dégustateurs permet de qualifier la qualité du millésime.

Après cette semaine de dégustation primeurs, la presse et les grands dégustateurs rendent leurs verdicts par appellation et propriété, sur les différents vins qu'ils ont pu déguster. Normalement, suite à la parution des notes, les châteaux mettent sur le marché leurs vins, en primeur, à un prix tenant compte de ces différentes notes et de la demande. Les prix sont souvent communiqués dans les deux mois qui suivent la semaine de dégustation.

Chaque année, tous retiennent leur souffle avant de savoir quel château sera le premier à dévoiler son prix. Pour le millésime 2016, c’est le Château Guiraud qui a dévoilé en premier son prix. Une belle manière de mettre sur le devant de la scène les vins liquoreux, de plus en plus boudés par les amateurs de vin. En 2013, c'était le Château Pontet Canet qui avait créé la surprise en dévoilant son prix avant même le verdict des dégustateurs.

Maintenant que toutes ces personnes ont joué leurs rôles, c'est au tour du courtier de rentrer en jeu. Sa mission est primordiale dans la fixation du prix de vente en primeur. Il est l'intermédiaire indispensable entre propriétaires et négociants en menant la négociation entre les parties et en assurant la transaction. La commission par transaction et le rôle du courtier sont un héritage historique de la Place de Bordeaux alors que rien n'impose de passer par cet intermédiaire.

Le vin est généralement livré dans les 18 à 24 mois suivant les ventes en primeur. C'est à ce moment-là que les négociants ayant obtenu des allocations se chargent de vendre les vins aux différents distributeurs : cavistes, sites de e-commerce, etc.

Comment s'annonce le millésime 2016 ?


Le millésime 2016 a connu un printemps désastreux et pluvieux, mais les conditions climatiques qui ont suivi ont été salutaires. L'été a été très sec dans la région de Bordeaux. Quelques gouttes de pluie en septembre ont précédé le retour d'un temps magnifique jusqu'en octobre permettant une véritable liberté pour les vendanges.

Pour le critique Jean-Marc Quarin, le millésime 2016 « tient du génie, de l’inhabituel et de l’inexplicable. Une fabuleuse et très rare combinaison à l’équilibre parfait entre une fantastique qualité des tanins, des degrés d’alcool modérés et des acidités soutenues, mais imperceptibles. Les vins rouges sont denses, très parfumés, riches, pleins, avec un toucher de bouche moelleux, velouté et une grande profondeur de saveurs. Le tout si savoureux, si éclatant de fruit, si raffiné dans le grain du tannin, avec une note Plaisir si forte que 2016 va faire passer les 2010 que j’adore pour des vins rustiques ! »

Il semblerait que cette année soit la bonne pour investir dans les primeurs !

Jean-Nicolas Mouretin

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mercredi 3 mai 2017

Le blog vin Beaux-Vins : 2 ans déjà !

Il y a deux ans, naissait le blog Beaux-Vins consacré au monde du vin. Au début j'étais étudiant, ensuite je profitais de beaucoup de temps libre et désormais je suis devenu caviste grâce à lui.


L'évolution


Mes premiers pas sur Beaux-Vins étaient compliqués : je n'avais pas vraiment l'habitude d'écrire autant, je découvrais le monde du vin et je n'y connaissais encore rien au blog.

Mon tout premier article fut celui qui expliquait mes motivations : « Un blog sur le vin, mais pourquoi ? ». Ecrit le 25 Avril 2015, les articles se sont ensuite enchaînés entre actualités, découvertes du vin et autres événements.

Avec tout ces changements dans ma vie, le blog a évolué aussi. Les articles moins réguliers - oui, parce qu'un article par jour en travaillant est dure à tenir - sont désormais plus pointus, plus précis et pourtant toujours aussi accessibles !

Pourtant, le blog Beaux-Vins a gardé cette ligne de conduite : un espace pour tous les amoureux du vin. Que ce soit pour les grandes occasions ou les petites, les vins sont toujours beaux ! Que ce soit pour s'initier à l’œnologie, aux régions viticoles ou suivre l'actualité, J'essaie de répondre à toutes vos envies.

Des résultats qui me dépassent


Bien que mes statistiques ne rivalisent pas avec d'autres blogueurs du monde du vin, ils sont pour moi déjà énormes et ça c'est grâce à vous !



Après deux ans, et un démarrage hésitant, le blog vin Beaux-Vins c'est désormais :
216'000 pages vues
1'000 fans sur la fan page Beaux-Vins
670 followers sur le Twitter Beaux-Vins
170 amis sur Instagram

Si vous ne l'avez pas encore lu, l'article « Pourquoi la bouteille de vin a-t-elle un « cul » bombé ? » est l'un des plus anciens et a été consulté près de 14'000 fois !

Bien entendu, il n'y a pas que les chiffres qui comptent. Il y a eu aussi le passage sur une radio grâce à vous sur l'article consacré aux  « vins californiens dopés au glyphosate cancérigène ».

Le blog vin Beaux-Vins


Sauf que voilà, tout ça ne serait rien sans vous. Je tiens donc à vous dire un GRAND MERCI ! Une petite nouveauté inédite dans le monde des blogs du vin va paraître très prochainement sur Beaux-Vins...

Jean-Nicolas Mouretin
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vendredi 24 mars 2017

À quelle température servir le vin ?

Beaux-vins A quelle température servir le vin ?


S'il y a bien une question que l'on me pose souvent dans mon métier de caviste, c'est bien celle de la température à laquelle servir le vin pour en apprécier toutes les subtilités. Acheter de beaux vins est une chose, les servir à la bonne température en est une autre.



La température de service est un élément d'équilibre du vin trop souvent négligé. Régulièrement, j'ai constaté que les vins blancs étaient servis trop froids et les vins rouges trop chambrés. Bien entendu, à chacun ses plaisirs et préférences de service et le meilleur avis est votre plaisir personnel.

« Aucun vin rouge digne d'intérêt ne s'apprécie servi frais, en dessous de 14 °C ! » Blogueur X

Certains blogueurs — souvent sommeliers — vous proposent des températures de service comme si cela était une vérité absolue. Ils martèleront qu'un vin rouge ne se sert jamais en dessous de 14 °C. Pourtant, un Beaujolais Nouveau rouge s'apprécie à une température inférieure — d'après le très sérieux site www.beaujolais.com —. Donc d'après la citation ci-dessus, soit le site officiel des vins du Beaujolais dit des âneries, soit le Beaujolais Nouveau n'est pas digne d'intérêt...

Vous dire à quelle température exacte vous devez boire votre vin, revient à vous dire que vous devez manger votre steak saignant parce qu'il aura plus de goût, mais qu'en est-il si vous l'aimez dure comme une semelle ? Qui suis-je pour juger de vos préférences ? Personne ! Nous parlerons donc ici de « températures communément acceptées ».

Les températures, que je vous donne plus bas, ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Je sais à quel point il est difficile d'obtenir et maintenir une température précise et il existe toujours des exceptions. De plus, je ne fais pas partie de ces blogueurs qui pensent avoir toujours raison sur tout.

Quelles sont les conséquences d'un vin servi à la mauvaise température ?


Le meilleur moyen de gâcher tout le plaisir de la dégustation d'un beau vin est de le servir à la mauvaise température.

Les tanins que contient le vin rouge vont prendre un goût véritablement amer lorsque le vin est servi trop frais, comme lorsque l'on boit un thé fort froid. Servi trop chaud, l'alcool va ressortir et le vin rouge va paraître plus alcooleux qu'il ne devrait.

Un vin blanc servi trop frais, comme le font souvent les restaurants, va sembler bien moins aromatique. Trop chaud, soit l'acidité du vin blanc va ressortir, soit il vous laissera une étrange impression de lourdeur.

Cependant, il vaut toujours mieux servir un vin trop frais que trop chaud. Pourquoi ? Parce que le vin servi trop frais va rapidement se réchauffer au cours de la dégustation, alors qu'un vin trop chaud restera trop chaud.

Quelles sont les températures de service du vin communément acceptées ?


Tout ceci étant dit, il est désormais temps de se pencher sur les températures de service du vin.


La température de service d'un vin blanc


À quelle température servir le vin blanc blog beaux-vins


Le vin blanc présente une acidité supérieure à celle du vin rouge. Le froid souligne l'acidité d'un vin, raison pour laquelle un vin blanc est servi plus frais qu'un vin rouge.

  • Vin blanc sec jeune et dominé par la fraîcheur : c'est particulièrement le cas du Sauvignon, de l'Aligoté ou encore du Muscadet. Ces vins s'apprécient aisément entre 8° et 10°C
  • Vin blanc gras, boisé ou de garde : ces vins blancs, plus opulents que les précédents, tolèrent un température de service plus élevé. L'idéal est de les proposer entre 10° et 12°C
  • Vins blancs moelleux et liquoreux : un vin blanc de ce type va rapidement paraître lourd en bouche lorsqu'il est dégusté trop chaud. Il est recommandé de les servir entre 10° et 12°C, voire moins

La température de service d'un vin rouge


À quelle température servir le vin rouge blog beaux-vins


Ce qui distingue véritablement un vin rouge d'un vin blanc, en dehors de sa couleur, c'est la présence de tanins. Cette présence, ainsi qu'une acidité plus faible implique une température de service adéquate. On ne cherchera pas forcément à souligner l’acidité du vin.

  • Vin rouge fruité et très léger : c'est le cas du Beaujolais Nouveau dont je parlais plus haut. Très peu tanniques et avec une belle acidité, ces vins s'apprécient facilement proche de 12°C.
  • Vin rouge fruité et souple : on peut mettre dans cette catégorie les vins de cépage Gamay ou les Pinots Noirs jeunes. Vous devriez servir ces vins autour de 14°C
  • Vin rouge charnus et chaleureux : ceux-là ayant plus de caractère supportent une température plus élevée. C'est le cas des vins du Rhône que l'on sert de 14° à 16°C
  • Un grand vin de Bourgogne entre 15° et 16°C
  • Un grand vin rouge de Bordeaux s'apprécie chambré, c'est à dire à 17°, 18°C

Chambré n'est pas joué !


Le terme « chambré » date d'une époque ou le chauffage central n'existait pas encore et signifiait de l'amener à température de la pièce, soit 18 °C. Désormais, la température d'un appartement moderne oscillant autour des 19° à 25 °C, il n'est pas question d'amener votre vin à cette température.

La température de service du rosé


Le rosé résulte de la courte macération du jus avec les peaux du raisin. Bien qu'il y ait transfert d'un peu de couleur et d'arômes, les vins rosés sont pour la plupart non tanniques.

Comme un vin blanc, le rosé devra être servi entre 10 et 12°C, voire entre 8 et 10°C si vous voulez profiter de son côté désaltérant.

La température de service d'un effervescent : Champagne et Crémant




Pour bien comprendre la façon dont la température influe la qualité de votre champagne, il nous suffit de prendre comme exemple votre soda favori. Tiède, les bulles sont plus agressives. Froid, le gaz contenu dans la boisson est mieux dissout et les bulles paraissent plus fines. Le résultat est exactement le même avec le champagne ou le crémant.

Les cuvées classiques, c'est à dire un Champagne sans année, un mousseux ou un crémant classique se boivent entre 7° et 9°C afin de jouer pleinement leur rôle rafraîchissant.

Les champagnes millésimés, champagnes sans années de caractère ou crémant supérieur présentent une complexité aromatique plus importante. Ils doivent être servi à une température légèrement supérieur, entre 10° et 12°C.

À la recherche d'une conclusion


À quelle température servir le vin utopie blog beaux-vins


Bien que les températures que je vous ai données ont l'air très précises, je ne jouerai pas le jeu du dogme auquel certains s'adonnent avec panache. Je considère les températures de service plus comme un idéal à atteindre ; une utopie que les amoureux du vin recherchent, sans jamais y parvenir vraiment. Il ne faut pas oublier que la température du vin dans le verre peut monter de 2 °C en quelques minutes.

Jean-Nicolas Mouretin

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samedi 25 février 2017

Saint-Emilion : le château Figeac pourrait perdre son nom après avoir attaqué un voisin

Coup de tonnerre dans le Saint-Emilion : le premier grand cru classé a été condamné à perdre 2 de ses marques prestigieuses !

chateau figeac contre cormeil figeac blog vin Beaux-Vins procès


Le Tribunal de grande instance de Bordeaux a prononcé, fin novembre, la perte des droits du château de Figeac sur les marques « Château Figeac » et « Château de Figeac » ainsi que leur radiation sous 3 mois au registre national des marques. Cette décision peut surprendre, car le domaine gagne depuis plusieurs années sa lutte judiciaire contre les propriétés viticoles utilisant le nom « Figeac ».

Domaines proches de quelques mètres


Dans ce dossier, le Château de Figeac s'attaquait à un voisin proche de seulement 500 mètres : Richard Moreaud. Ce dernier est le propriétaire des marques « château Cormeil-Figeac » et « château Magnan-Figeac ». Pour lui, cette volonté d'interdire l'utilisation de la dénomination « Figeac » est « est une histoire idiote ».
Sans préavis, le domaine a reçu une assignation en 2012. « On cohabite depuis un siècle puis tout à coup, ils se sont mis à nous attaquer. Pourquoi ? On ne leur fait pas de concurrence parce qu’on n’a pas du tout le même positionnement, ils sont premier grand cru classé, nous on est grand cru. Les prix sont totalement différents, les étiquettes sont totalement différentes », a expliqué M. Moreaud.

« Figeac veut avoir le monopole du nom et ne veut pas qu’il y ait des crus qui puissent utiliser leur nom malgré les droits historiques que l’on a », s’est-il défendu, précisant qu’il a « des actes notariés qui font référence du XVIIe et XVIIIe siècle ».

La seule discussion eut lieu le 27 septembre dernier lors de l'audience. Résultat de cette bataille : les deux parties ont été condamnées par le tribunal.

Concernant le Château Cormeil-figeac, détenu par la famille Moreaud, le tribunal n'a pu établir que « les parcelles de vigne dont ils sont propriétaires proviennent du domaine originel de Figeac, démembré au XIXe siècle. » 

Du côté de l'agressif Château Figeac, il n'a pas été capable d'apporter la preuve que les vins commercialisés sous les noms de « Château Figeac » et « Château de Figeac » étaient vinifiés dans des conditions excluant tout mélange avec les autres vins du domaine, notamment « Petit-Figeac » et « La Grange Neuve de Figeac », perdant ainsi leurs deux marques les plus connues.

Silence radio à Figeac


Bien entendu, chacune des parties a fait appel de la décision judiciaire. Malgré ce match nul, Richard Moreaud y voit une belle victoire : « C’est la première fois que Figeac a été contré dans un de ces procès. Nous ne sommes pas dépités, nous sommes plutôt fiers. Mais ce qu’on voudrait surtout, c’est en finir avec cette histoire à la con. Nous, nous sommes un tout petit cru avec des prix assez bas. On ne leur fait pas ombrage… »

Le château Figeac se montre bien moins loquace que son adversaire. Le domaine confirme l’appel de la décision judiciaire, mais ne souhaite pas « la commenter, l’affaire étant en cours d’instruction. » Dans les mois qui viennent, un nouveau procès devrait donc avoir lieu devant la Cour d'appel. Les domaines portant le mot « Figeac » sauront s’ils peuvent garder leur nom. Une décision qui va donc être suivie de très près !

« Protéger la marque de nos vins »


Le château Figeac a toutefois expliqué : « Nous engageons des actions afin de protéger la marque de nos vins. C’est comme dans toute entreprise. Du point de vue commercial, il est essentiel de protéger sa marque. »

Poussé par ce principe, château Figeac est passé à l'offensive, engageant des procédures judiciaires contre ses voisins depuis plus de 10 ans. En novembre 2012, plusieurs domaines ont perdu la guerre judiciaire menée par Figeac. Le domaine Rocher-Bellevue-Figeac et ses marques La Croix-Figeac et Pavillon La Croix-Figeac se sont déjà vu interdire l’utilisation du terme « Figeac ».

« Ici, il y a des Figeac partout, livre Richard Moreaud, propriétaire du château Cormeil-Figeac. On peut en compter une trentaine ! Mais « Figeac » ne souhaite pas partager et veut l’exclusivité du nom. Pour autant, nous n’avons pas de visée vengeresse. On veut simplement plaider notre cause, qui nous paraît juste. Nous ne sommes vraiment pas procéduriers. »

Jean-Nicolas Mouretin


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lundi 13 février 2017

Acheter du vin n'a jamais été aussi simple qu'avec Twil

Je ne sais pas si vous vous en êtes rendu compte en suivant mes différents articles, mais j’aime parler d’innovation dans le monde du vin. On dit souvent que c’est un milieu immobile et poussiéreux. Alors quand il s’agit d’une application mettant en lien directement viticulteur et winelovers, je ne peux que vous la recommander !

L’application du jour : TWIL


© Twil

The Wine I Love, alias TWIL pour les plus intimes, est une application mettant en relation les consommateurs avec les viticulteurs pour réduire au maximum les intermédiaires. C’est un fait bien connu, plus il y a d’intermédiaires entre producteur et consommateur et plus le prix est susceptible de grimper ou tout du moins la rémunération du producteur risque de chuter. Tandis qu’une majorité d’amoureux du vin sont sensibles à cette problématique, encore 80 % des bouteilles de vin se vendent en grande surface. Une bouteille de vin à 10 € vendue en grande surface va permettre au producteur d’en gagner seulement 3€90, alors qu’avec TWIL le viticulteur sera rémunéré à 5€80. 

Comment fonctionne TWIL ?


À l’instar d’autres « shazam du vin », TWIL permet de retrouver des informations et commentaires de dégustation d’autres twilers simplement en la prenant en photo avec la caméra de son smartphone. Vous allez me dire « t’es vraiment en train de nous parler d’une énième application de reconnaissance de vin ? », mais c’est là que TWIL se différencie vraiment. En effet, grâce à la photo du petit vin que vous avez adoré la veille, vous pourrez le commander directement chez le producteur. C’est plutôt pas mal, non ?

© Twil

Une vitrine pour les viticulteurs


Erwann de Barry, le fondateur de cette startup, s’est rendu compte que plus de la moitié des viticulteurs n’avaient pas de sites web – pourtant véritable levier pour parler du domaine et de ces vins —. Il a donc développé cette plateforme, désormais l’une des plus grandes vinothèques en ligne avec 300’000 vins, dont 15’000, déjà disponibles à la vente.

Grâce à cette volonté de supprimer le maximum d’intermédiaire possible, TWIL permet aux vignerons d’augmenter leur marge de plus de 30 % sans toucher au prix de vente ! Bien qu’essentiel, créer un site pour un domaine est un véritable investissement, surtout s’il est destiné à vendre en ligne. En plus de la création du site, il faut mettre en place une véritable logistique : gestion des stocks et des emballages, paiement en ligne, préparation des commandes, envoi des colis…

Grâce à TWIL, le vigneron élimine nombre de ces freins. Il ne lui reste qu’à préparer les commandes lorsqu’il reçoit une alerte au domaine. Déjà 1’500 vignerons font confiance à TWIL pour promouvoir leurs vins !

© Twil

TWIL, une app’ qui vous veut du bien


TWIL est une véritable mine d’informations et de petites pépites à découvrir que ce soit en France ou à l'étranger.

Un coup de cœur ? Vous pouvez retrouver un vin déjà dégusté en prenant simplement en photo l’étiquette de la bouteille de vin. En quelques secondes l’application a déjà reconnu votre précieux flacon et vous accédez à une fiche détaillée vous donnant plein d’informations utiles sur votre vin.

Si le vin n’est malheureusement pas encore proposé à la vente sur TWIL, pas de soucis ! L’application vous propose des recommandations similaires pour être sûre de faire mouche à votre prochain dîner.

À la recherche d’un coup de cœur ? Il peut aussi arriver de vouloir tout simplement trouver son coup de cœur et avec TWIL, il est au bout de vos doigts. En accédant directement au catalogue, vous pourrez chercher votre prochaine pépite en fonction de sa couleur, de son pays, sa région… En plus de proposer des bonnes affaires et de coups de cœur, TWIL met aussi en avant les vins biologiques et biodynamiques.

Une fois la bouteille de vos rêves trouvée, vous êtes mis directement en relation avec le producteur en quelques clics pour la commander au prix propriété. Vous pourrez ensuite les recevoir directement chez vous ou gratuitement en point relais !

Alors, faites comme moi et filez télécharger l’application !



Jean-Nicolas Mouretin




Site web : www.twil.fr
App Iphone : Twil
App GooglePlay : Twil

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lundi 6 février 2017

La dégustation d'un vin peut-elle être affectée par le calendrier lunaire biodynamique ?

La position de la Lune peut-elle influencer le goût du vin que vous vous apprêtez à boire ? La question peut surprendre, mais les adeptes du calendrier lunaire en sont persuadés : un verre de vin n'aura pas le même goût s'il est dégusté un jour « fruit » ou un jour « racine ».

Jusqu'à présent, aucune étude sérieuse n'avait été menée. Rappelez-vous, je vous en parlais dans l'article « Qu'est-ce qu'une dégustation biodynamique de vin ? ».



Le calendrier biodynamique dans la dégustation


Pour simplifier à l'extrême, le calendrier biodynamique prend en compte l’influence des rythmes cosmiques. Ce système est utilisé par la culture biodynamique. Il permet de savoir à quel moment certains gestes agricoles doivent être faits, selon la position de la lune en axe avec certaines constellations. Les semis, la taille ou même la récolte doivent être faits en fonction du type de jour.

Des dégustateurs de vins en sont venus à appliquer ce calendrier dans leurs dégustations disant que les vins sont meilleurs pendant les jours fruits.

Les plus connus : Marks and Spencer et Tesco


Cette position relative de la Lune est supposée avoir une influence sur les travaux en cave comme à la vigne, mais aussi sur le goût du vin. Cette influence de la Lune sur le goût des vins et des autres aliments, certains grands magasins la prennent très au sérieux et n’organisent leurs dégustations de vin que pendant les jours « fruits » pour être sûres que le vin soit au meilleur de sa forme. Le journal The Guardian révèle que Tesco utilise le calendrier lunaire depuis plus de deux ans, mais ne l'a dévoilé que récemment craignant le mysticisme du vin — ou peut-être simplement d'être pris pour des fous —. C'est aussi le cas de Marks and Spencer qui utilise le calendrier lunaire pour organiser ses dégustations de vins.

Une app' pour la dégustation biodynamique de vin


Ce qui plonge le plus de doute sur la dégustation biodynamique de vin réside dans l'existence de plusieurs calendriers qui ne concordent pas forcément... Cependant, vous pouvez tout de même vous amuser à faire le test de la dégustation biodynamique de vin grâce à une application gratuite pour Iphone : When wine taste Best.


Une étude scientifique publiée le 3 janvier


Comme je vous en faisais part auparavant, aucune étude ne tendait à confirmer ou infirmer l'influence du calendrier lunaire sur la dégustation du vin. On pouvait donc lire tout et n'importe quoi sur le sujet. Le 3 Janvier 2017, une étude scientifique tentant de répondre à notre question initiale est parue sous le titre : « Expectation or Sensorial Reality? An Empirical Investigation of the Biodynamic Calendar for Wine Drinkers ». Cette étude a été menée par Wendy Parr de la Lincoln University, en Nouvelle-Zélande et Dominique Valentin du Centre des sciences du goût au CNRS de Dijon.



Ils se sont intéressés à ce sujet brûlant en faisant déguster douze pinots noirs de différentes régions viticoles à 19 professionnels du vin néo-zélandais. Ces derniers avaient en moyenne 18 ans d'expérience dans le milieu du vin et un certain nombre d'œnologues travaillent de manière organique et biodynamique. Tous les vins ont été dégustés deux fois en jour fruit et deux fois en jour racine. On leur a demandé de juger les vins selon 20 critères sans connaître l'objectif de cette étude et sans se douter que la dégustation se déroulait pendant des jours spécifiques.

Les douze vins de millésimes 2012 et 2013 sous capsules à vis ont été systématiquement servis dans le même ordre. Pour la dégustation, les dégustations se retrouvaient à déguster des vins conventionnels et non conventionnels. Les vins ont été achetés directement chez les producteurs, tous conservés à 14 °C degrés et montés progressivement à la température ambiante de 22 °C pour la dégustation.

Résultat unanime à la dégustation


Le résultat de la dégustation est sans appel : le test a démontré que les vins n'étaient pas meilleurs ou moins bons selon les jours du Calendrier lunaire de Thun. Les auteurs ont aussi surveillé d'autres facteurs comme la pression atmosphérique, l'humidité, l'ensoleillement, la vitesse du vent et la pluie. Aucun de ces éléments n'a eu d'impact sur la qualité exprimée des vins.

Les vins eux-mêmes ont été analysés chimiquement afin de déterminer les différences possibles dans les niveaux de CO2, de glucose, de fructose, d'acide tartrique, etc. Bien que l'équipe ait noté « des différences dans certaines mesures », mais qu'il n'y avait pas de « différences systématiques en fonction du type de jour ».

Selon l'équipe ayant travaillé sur cette étude « Il est possible que les rapports parus dans les différents médias de l'industrie viticole sur les effets sensoriels — NDLR dû au calendrier biodynamique — soient dus aux attentes plutôt qu'aux différences réelles dans les vins. »



Jean-Nicolas Mouretin


L'étude en question : « Expectation or Sensorial Reality? An Empirical Investigation of the Biodynamic Calendar for Wine Drinkers »


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vendredi 6 janvier 2017

Le TOP 5 des films sur le vin

Si je n'avais pas décidé de faire un blog consacré au monde du vin, je l'aurais très certainement fait sur le cinéma. Selon moi, le vin et le cinéma partagent une chose commune : tous deux ont la capacité — d'une simple gorgée ou d'une scène — de vous emmener bien plus loin que le fond de votre siège. On aime les partager et discuter de cette expérience.



Bien entendu, ce top 5 se limite au film que j'ai pu voir. Vous avez certainement vu d'autres films consacrés au vin qui mériteraient d'apparaître dans ce top. Aimer un film est très subjectif, tout comme aimer un vin. Cet article sera certainement le moins objectif de ce blog. Ce billet est simplement pour revenir sur les meilleures expériences cinématographiques importantes que j'ai vécues. En attendant d'en voir plus, retour sur les films sur le vin que j'ai déjà vus.

1 - Documentaire : Insecticide, mon amour (2015)


Documentaire de Guillaume Bodin avec Emmanuel Giboulot, Jean-Michel Aubinel, Thibault Liger Belair.

Guillaume Bodin a 26 ans, il est réalisateur et ouvrier viticole en Saône-et-Loire lorsqu’il est victime des traitements obligatoires aux insecticides contre la cicadelle de la flavescence dorée. Comme il est impossible de se faire entendre, il décide alors de quitter son travail et d’enquêter sur la question ! Il part à la rencontre de nombreux acteurs du milieu viticole et scientifique comme Emmanuel Giboulot et Thibault Liger Belair, ces vignerons ayant refusé de traiter aux insecticides. Ou Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS et lanceur d’alerte sur les effets catastrophiques de l’utilisation de ce type de pesticides sur l’environnement. Le couple Claude et Lydia Bourguignon apporte de nombreuses informations sur l’impact de ces produits chimiques sur la faune des sols. Néanmoins, tout n’est cependant pas si sombre dans cette affaire, puisqu'un collectif de vignerons tente de faire évoluer le dossier vers un plus grand respect de l’environnement.

Un documentaire à savourer avec un verre de vin bio bien entendu !


2 - Documentaire : Somm (2013)


Documentaire de Jason Wise avec Bo Barrett, Shayn Bjornholm, Dave Cauble.

Quatre hommes feront tout leur possible pour réussir l'un des examens les plus durs au monde. SOMM nous fait découvrir avec humour le monde mystérieux du Court of Master Sommeliers et son intimidant examen d'admission. Qui va réussir, qui va échouer ? Vous le serez en voyant ce film dédié aux pointures du vin.

Un film documentaire étrangement peu connu en France et qui vaut pourtant le détour...


3 - Comédie dramatique : Saint Amour (2016)


Film de Benoît Delépine et Gustave Kervern avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste

Tous les ans, Bruno fait la route des vins… sans quitter le salon de l’Agriculture ! Mais cette année, son père, Jean, venu y présenter son taureau champion Nabuchodonosor, décide sur un coup de tête de l’emmener faire une vraie route des vins afin de se rapprocher de lui. Et s’ils trinquent au Saint-Amour, ils trinqueront bien vite aussi à l’amour tout court en compagnie de Mike, le jeune chauffeur de taxi embarqué à l’improviste dans cette tournée à haut risque entre belles cuvées et toutes les femmes rencontrées au cours de leur périple…

Vous prendrez bien un verre de Beaujolais avec votre film ?


4 - Drame : Premiers Crus (2015)


Film de Jérôme Le Maire avec Gérard Lanvin, Jalil Lespert, Alice Taglioni

Fils de viticulteur, Charlie Maréchal a quitté la Bourgogne pour devenir un œnologue parisien réputé, auteur d’un guide à succès dont les notes font chaque année trembler tous les vignobles. Mais en Côte-d’Or, son père a perdu le goût du vin et ses errements précipitent l’exploitation viticole familiale vers la faillite. D’abord réticent, Charlie revient en Bourgogne. Il doit rechausser ses bottes et remonter ses manches, devenir viticulteur et se confronter à un métier qu’il ne connait pas, sous le regard dubitatif de son père. Entre une météo capricieuse et un cépage délicat, Charlie va devoir prouver à son père qu’il est digne de ce terroir transmis de génération en génération dans leur famille. Il est facile de noter un vin, mais comment fait-on un grand vin ?


5 - Documentaire : Raisins amers (2016)


Documentaire de Reuben Atlas et Jerry Rothwell

Le marché des crans crus explosant, il attire les convoitises des financiers comme des faussaires. Touché par la contrefaçon de ses bouteilles, Laurent Ponsot, un vigneron bourguignon, se rend aux États-Unis pour contre-attaquer. Il se retrouve face à un mystérieux vendeur d'origine indonésienne, Rudy Kurniawan. Flambeur, bon vivant, ce jeune homme qui se présente comme un riche héritier est adossé à une entreprise qui prospère en organisant des enchères où les vins rapportent des millions. L'enquête de Laurent Ponsot attire l'attention du collectionneur Bill Koch. Lui-même touché par les agissements du faussaire, il a embauché un détective et a déposé une plainte auprès du FBI. À eux deux, le Français et l'Américain démontent la manipulation orchestrée par le jeune Rudy Kurniawan.


Il faut bien conclure


Vous en voulez plus ? N'hésitez pas à consulter ma liste Senscritique des films consacrés au monde du vin juste ici : Les meilleurs films qui parlent de vin.

Et vous, quels films me conseillez-vous ? Quel film aurait mérité sa place dans ce TOP 5 ? C'est à vous de jouer !


Jean-Nicolas Mouretin

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mardi 6 décembre 2016

Pourquoi les vins rouges obtiennent de meilleures notes que les vins blancs ?

En vous penchant sur les sites ou livres de notation de vins, vous avez surement remarqué ce phénomène étrange sans pour autant pouvoir l'expliquer : les vins rouges ont une place prépondérante sur ces différents classements.



On se demande s'il n'y aurait pas un « un biais en faveur des vins rouges » chez les critiques de vins ?

C'est en tout cas ce que tend à démontrer une étude menée sur 64'000 scores publiée par des critiques renommés. Les tendances sont marquées :

  • Les vins rouges obtiennent de meilleurs résultats que les vins blancs
  • Les vins rouges sont surreprésentés au-dessus de 90 points
  • Les vins blancs sont surreprésentés en dessous de 90 points

En fait, les vins rouges ont 1,2 fois plus de chance d'être notés au-dessus de 90/100 que les vins blancs. Encore mieux, lorsque deux experts évaluent un même vin, la seule chose sur laquelle ils s'accordent ou non est si un vin est bien au-dessus ou en dessous de 90 points. Lorsqu'un vin obtient une note supérieure à 90, les notes suivantes varient beaucoup plus qu'avant. En cela, la notation des experts du vin ne semble pas aussi objective qu'elle le devrait...


Les auteurs de l'étude se sont aussi penchés sur le rapport entre le score obtenu et le prix de la bouteille de vin. Ils se sont aperçus qu'après avoir dépassé les 90 points, « le prix de vente va augmenter rapidement... [avec quelques] vins rouges moins bien notés que certains vins blancs et pourtant plus chers. C'est le cas par exemple, d'un Cabernet de la Napa ayant obtenu 90 points et qui coûte 75 $, alors qu'un Chablis avec 93 points n'en coûte que 45 $.

On se rend bien compte que quelque chose se passe, mais quoi ?

L'auteur de cette étude, Jeff Siegel, propose diverses explications. Il est possible que les viticulteurs soient prêts à investir plus d'argent pour produire un vin rouge car « les consommateurs sont prêts à payer plus pour un vin rouge ». Un investissement plus important peut aider le viticulteur à améliorer la qualité de son vin et les consommateurs sont prêts à récompenser cet effort, mais pas pour les vins blancs.

Le biais de la dégustation d'un critique




Les biais et préjugés jouent un rôle important lorsque l'on doit donner un avis « objectif » sur les qualités ou défauts d'un vin. Si le dégustateur sait qu'il est en train d'analyser un Grand Cru de Bourgogne d'un millésime donné, il sera plus à même à mettre la note maximum que s'il est en train de boire le Beaujolais d'un petit producteur. Pour empêcher cela, la dégustation à l'aveugle est utilisée.

Sauf que voilà, après avoir participé à différentes dégustations à l'aveugle, je me suis rendu compte qu'il existe toujours un biais dans cette façon de fonctionner. Même si nous ne connaissons pas exactement les bouteilles dégustées, il y a toujours un thème général. « Nous allons déguster des vins de Bourgogne à partir du millésime 1998 » ou encore « nous allons comparer les vins de différentes régions viticoles françaises ». Le simple fait de dire cela va entraîner des préjugés conscients ou inconscients chez le dégustateur.

Comment un dégustateur pourrait-il mettre une note maximum à un vin, connaissant son prix ou tout du moins la région — et donc son prix implicite — ? Il mettra certainement une note en fonction de ce qu'il sait et c'est malheureusement ce que le dégustateur professionnel va faire.

De plus, certains dégustateurs se déplacent directement chez le vigneron pour goûter les vins et les noter. Il sait donc quel vin il va boire, qui l'a produit et une multitude de biais va entrer en ligne de compte. Outre le fait que le dégustateur aura déjà en tête la note qu'il pense mettre, l'accueil du vigneron, le cadre de la dégustation, l'intérêt pour la région... Bref, TOUT va intervenir sur sa décision.

Vous l'aurez compris, les notes des dégustateurs professionnels n'ont pas grand intérêt selon moi. La seule façon de pouvoir vraiment donner une note et réduire au maximum les biais est de réaliser une vraie dégustation à l'aveugle. La seule chose que le dégustateur devrait savoir est la couleur du vin : pas de prix, pas de bouteilles visibles, pas de régions et plus encore. Moins on a d'informations sur le vin et plus on est apte à le juger pour ce qu'il est vraiment.

Le biais est-il simplement historique ?




Si le vin rouge est considéré aujourd'hui comme plus prestigieux, c'est aussi parce que c'était le cas dans le passé. Le développement des systèmes de classification des vins français a bien trop souvent concerné les vins rouges et les catégories les plus élevées étaient souvent réservées aux vins rouges. Aux XVIIIe et XIXe siècles, les Britanniques se sont amusés à critiquer et noter les vins ; et ils ont bien entendu favorisé les rouges. Les Robert Parker et consorts sont des descendants directs de ces écrivains britanniques parlant du vin. Le biais sur les vins rouges n'a fait que persister dans le temps sans véritablement évoluer.

Il faut bien conclure


Finalement, la véritable question est de savoir si les vins rouges sont meilleurs ou non que les vins blancs. Certains avanceront qu'ils sont de fait plus complexe : présence de tanins, plus souvent boisé. Mais encore une fois, un vin plus complexe est-il meilleur ? Difficile à dire... Ne vous est-il jamais arrivé d'apprécier un vin très simple et bien fait plutôt qu'un vin complexe ? Ce que nous éprouvons lorsque nous goûtons un vin est étroitement lié à votre expérience et vos conditions physiques le jour où vous le dégustez. Il est même impossible de séparer les deux. Et c'est peut-être ce qui rend le vin si beau : un plaisir intellectuel et hédoniste.

Mais cette étude soulève une autre question : Où est le vin rosé ?



Jean-Nicolas Mouretin


L'étude en question : Expert Scores and Red Wine Bias

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jeudi 1 décembre 2016

Vos évènements vin à ne pas manquer en Décembre 2016

Avec le mois de et les fêtes de fin d'année, les événements consacrés au vin sont moins nombreux. Même s'ils ne sont pas nombreux, ils sont tout de même super intéressants. Alors voici un petit florilège de ce qu'il ne faut pas louper ce mois-ci.



Du 03 au 05 Décembre : Salon Vinibio à Paris




Le salon accueille tous les vignerons qui travaillent depuis des années dans le respect de l'environnement, des règles de l'agriculture et de la vinification biologiques, avec un seul objectif, offrir aux amateurs dégustateurs ou avisés, le meilleur de ce que la nature peut offrir, en préservant la diversité et l'authenticité des goûts et des terroirs.

L'avis Beaux-Vins : Du vin en bio qui vient à vous, ça n'a pas de prix... Oui, l'événement est gratuit !

Tarif : gratuit en faisant une demande : ici
Lieu : Carreau du Temple, 4 rue Eugène-Spuller, 75003 Paris
Site. : www.salon-vinibio.com

Du 04 au 05 Décembre : Vini di Vignaioli à Paris



Pour cette 1ere édition, ce salon ambitionne de répliquer en France le grand salon italien Vini di Vigniaioli qui vise à promouvoir les vins naturels de la péninsule italique.

Ce sont ainsi plus de 50 vignerons issus de 15 régions d'Italie qui feront le déplacement à Paris pour faire déguster plus de 100 vins seront proposés à la dégustation et échanger sur leur philosophie. À noter également, l'organisation de deux tables rondes thématiques, sur les thèmes de la biodynamie et de la macération pelliculaire. Les intervenants sont tous des experts du monde viticole italien. Des produits alimentaires bios d'Italie seront également proposés à la dégustation au sein du salon.

L'avis Beaux-Vins : Une belle occasion de découvrir des vins étrangers et de faire un petit voyage œnologique en Italie

Tarif : 10 € pour les particuliers, 5 € pour les professionnels
Lieu : 23 rue Basfroi, 75011 Paris
Site. : www.vinidivignaioli.fr

Du 10 au 11 Décembre : Bordeaux Tasting à Bordeaux



Les 10 et 11 décembre 2016, les dégustateurs — néophytes ou grands amateurs — ont rendez-vous pour la cinquième édition de « Bordeaux Tasting ». Deux jours exceptionnels pour déguster une centaine de grands vins de Bordeaux, des champagnes de talent, parmi lesquels de prestigieuses maisons venues de Reims ou d'Épernay, mais aussi de grands invités venus des autres vignobles de France — Bourgogne, Rhône, Alsace, Loire — et du monde.

L'avis Beaux-Vins : Faut-il encore présenter le Bordeaux Tasting ?

Tarif : consulté le site
Lieu : Palais de la Bourse de Bordeaux, 33076 Bordeaux

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